Par M. Lambert

Autre titre de l’ouvrage « Ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux » Ouvrages parus en 1784 et 1786 Secteur géographique concerné : l’Ouest de la Garonne soit le Médoc, l’Archiprêtré du Cernes, le pays de Buch et quelques paroisses du Bazadais. Six livres composent les Variétés bordeloises.Pourquoi s’intéresser à ces ouvrages ? Parce que l’on y trouve une foule de détails relatifs à certaines paroisses du Bordelais, telles qu’elles ont pu être observées à la fin du XVIIIème siècle. Il est ici question d’histoire, de géographie, d’économie, de botanique et de quelques faits ou annotations, parfois inattendues.

Connaissez-vous Uch ? Il y avait là, près de Lesparre, chapelle, hôpital et lépreux.
L’auteur est intarissable à son sujet. (éd. 1876 - t 1 - im 192).
Visitez un Mérignac que vous ne reconnaitrez pas. (éd. 1876 – t 1- im 427).
A la Brède, apprenez que si « les femmes sont laborieuses, frugales et sages », « les filles se refusent aux travaux de la terre ». (éd 1876 – t3 - im 27).
Vous en saurez un peu plus sur les défrichements en pays de Buch (Bassin d’Arcachon) (éd. 1876 - t 3 – im. 300).
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Les Variétés bordeloises, c’est l’œuvre d’un érudit, abbé de son état (1713- 1790). Toute sa vie a été consacrée à déchiffrer chartes et autres écrits, à les accumuler et les faire connaître. Il a eu un grand projet : présenter les richesses de Bordeaux et de sa région. Il ne pouvait se contenter de consigner ses connaissances dénichées dans les grimoires ou ses observations personnelles. Il lui fallait recueillir davantage d’informations, des témoignages d’hommes sur le terrain. Aussi a-t-il eu l’idée de demander aux curés des paroisses du diocèse de Bordeaux de répondre à un questionnaire.
Ce questionnaire on peut le lire dans la préface du premier volume de 1784 ou dans la réédition de 1876 (image 39).

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Principaux sujets sollicités :

  • Les bâtiments religieux.
  • Les hameaux, les ruisseaux.
  • La situation géographique par rapport à d’autres paroisses, à la mer, à la rivière, etc.
  • La nature du sol -– productions.
  • Llimites - « par quelles aires du vent ? ».
  • Y a-t-il un Bureau de Poste aux lettres ?
  • Quels chemins ?
  • Le commerce et marchés.
  • Les manufactures et industries.
  • Population - nombre de feux.
  • Les traditions - De quelles juridictions dépend la paroisse ?
  • Les progrès de la mer, du sable ou des étangs sur le territoire.
  • Les vestiges.
  • Etc.

Il semblerait que bien des prêtres se soient abstenus. Ce qui n’avait pas permis à l’abbé de donner à son ouvrage toute l’ampleur qu’il aurait souhaitée. Quelques curés semblent avoir joué le jeu, comme on peut le constater à la lecture de certains articles particulièrement étoffés relatifs à quelques paroisses. L’abbé avait vécu dans le Médoc, ce qui explique l’attention particulière portée sur tout ce qui concerne les « sables », la mer et les marais.

 
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L’église de Soulac, ensablée

 

« L’attention des lecteurs se réveillera sur diverses anecdotes, tradition et monuments qui peuvent exister en divers cantons du diocèse et sue l’habitude de les voir les empêche tous ceux qui les ont tous les jours sous les yeux, de les observer… » écrivait-il dans sa préface.

A-t-il atteint son but ?
Ce ne fut pas certain, du moins dans l’immédiat.

On peut regretter qu’il n’y ait pas de plan bien défini dans cet ouvrage. Le lecteur devrait un peu tâtonner s’il n’y avait un index dans la réédition de 1876.
Car il y a eu réédition.

Les éditions des « Variétés bordeloises»
Les ouvrages publiés en 1784 et 1786 se présentaient sous la forme de six livres.
Les paroisses étudiées :

  • Livres 1 - 2 - 3 : celles du Médoc
  • Llivres 4 - 5 : celles de l’Archiprêtré de Cernès (rive gauche de la Garonne)
  • Llivre 6 : quelques-unes de l’Archiprêtré de Cernès et celles de l’Archiprêtré de Buch et Born (Arcachon).

Il semblerait que tirés à 500 exemplaires, les éditions n’aient pas eu le succès attendu. Il a même été écrit qu’une partie de la production était partie au pilon.
Ce n’était peut-être pas le moment. Les esprits n’étaient pas prêts.
Le temps avait passé. Antiquaires et curieux recherchaient, plus tard, ces livres qui faisaient référence dès qu’il était question d’histoire locale.

En 1845 L de Lamothe faisait paraître :
   L’abbé Baurein - Sa vie et ses écrits.
Après une préface qui tentait de faire sortir de l’oubli cet honorable ecclésiastique, on peut prendre connaissance de quelques fragments inédits.
Document à télécharger :
http://books.google.fr/books?id=JOI5AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

En 1875, une souscription avait été lancée pour la réédition des « Variétés bordeloises ». Les six livres de 1784-1786 ont été regroupés en 3 tomes.
Au début du tome I (livres 1 et 2) se trouve la liste des souscripteurs de l’édition 1876. Dans le tome II (livres 3 et 4), on peut lire la liste des souscripteurs de 1785.
Enfin dans le tome III (livres 5 et 6), dans un appendice, figure une table alphabétique et détaillée des noms de lieux pour les trois volumes précédents.

Pour repérer un lieu ou un monument, consulter la table alphabétique du tome III - image 445 et suivantes.

Il y a eu aussi un Tome IV, un peu différent. Il reprenait des textes inédits relatifs à la Ville de Bordeaux – y figurent une liste de souscripteurs ainsi qu’une table alphabétique des noms de lieux et de personnes.

En ligne sur le site :
Pour l'édition de 1875 : 1886 collections patrimoniales numérisées de Bordeaux 3
http://1886.u-bordeaux3.fr/search?query=baurein
il est possible de télécharger les deux éditions des « Variétés bordeloises ».

Qui était l’abbé Baurein ? On peut citer M. Saint-Amans. Dans son « Voyage dans les Landes », il a écrit :

« J’ai connu, dans ma jeunesse, ce digne homme, trésorier de l’Académie des Sciences de bordeaux; j’admirais dans Baurein l’érudition unie à la plus douce aménité, et une simplicité de caractère qui retraçait les mœurs antiques. Il est toujours présent à mes yeux. Je le vois encore au milieu de ses vieux livres, de ses liasses de papiers indéchiffrables. Je peindrai son obscur réduit, si je ne me trompe, derrière l’Eglise Saint-André, et le chien fidèle, et la vieille gouvernante à qui, le maître compris, tout était soumis dans la maison ; elle avait la haute police. Si rien n’était plus singulier que ce ménage, rien n’était plus touchant que la parfaite union et la tranquillité dont il était l’image. Le vénérable Baurein y trouvait le bonheur après lequel la plupart des gens de lettres ont vainement soupiré, celui de pouvoir s’occuper paisiblement de l’objet de ses recherches. Il était heureux chez lui, il était encore heureux dans la société, parce qu’il y apportait, comme dans la vie domestique, la modestie du mérite, le calme et la simplicité de la vertu ».
Jacques Baurein était né à Bordeaux le 15 juillet 1713.Ordonné prêtre, c’est en qualité de vicaire à Cissac (Médoc) qu’il a officié pendant 3 ans. Après un passage à Saint-André-de-Cubzac il est devenu bénéficier de l’église Sainte-Eulalie, ce qui lui a permis de se consacrer à divers travaux qui l’ont fait connaître.
En 1758, il a publié dans le Journal « Recueil d’annonces, affiches et avis divers pour la ville de Bordeaux » des articles qui lui ouvrirent les portes de l’Académie de Bordeaux où il fut reçu le 9 juin 1761.
Son œuvre principale restera ses « Variétés bordeloises ».
Il est décédé à Bordeaux le 23 mai 1790.
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(02/2014)