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Par M. Lambert

Extrait d’un livre paru en 1836
La maison de  campagne
Aglaé Adanson – Paris 1836

Ci-dessous le résumé de ce que préconisait une dame de la meilleure société.

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Avant la machine à laver et la lessiveuse

Utilisation du bugeoir ou cuvier
Le cuvier doit être plus large que haut pour que l’eau chaude n’ai pas un trop grand espace à traverser.
On met dans le fond du cuvier trois ou quatre torchons dont on fait sortir les cornes par le goulot. Sur l’ouverture du goulot, on place l’os d’une machoire inférieure de cochon…elle sert à empêcher les torchons de s’affaisser.

On entoure le cuvier d’une enveloppe de grosse toile qui garnit son intérieur et déborde de quelques doigts par le dessus ; On place d’abord les draps de maître, puis le petit linge fin (fichus, bonnets, robes, etc.), les chemises de femmes et d’hommes (les cols doivent être tournés vers le centre), enfin les serviettes de table, les mouchoirs les bas blancs (les pieds vers le centre). Le savon de Marseille, coupé en morceaux est répandu sur la surface du linge. On verse dessus deux seaux d’eau ; puis on met dessus dans l’ordre suivant : les draps des domestiques, les serviettes de toilette, le linge des domestiques, les torchons et les chiffons sur lesquels erront versés dusavon noir, délayé dans de l’eau.

On recouvre le tout d’une grosse toile qui doit retomber du cuvier ; Sur cette toile, on met quatre décalitres de cendres de chêne dans lesquels on écrasera des coquilles d’œufs. Puis on verse de l’eau dessus au fur et mesure qu’elle s’imbibe jusqu’à ce qu’elle sorte du goulot et on laisse le tout jusqu’au lendemain six heures.

On débouche alors le goulot et l’on prend de l’eau du baquet pour remplir une grande chaudière qu’on met à la crémaillère et dans laquelle on verse environ deux litres de cendres. Etant près de bouillir, on a un pot à anse, on l’emplit de cette eau chaude sans ôter la chaudière du feu ;, on la verse sur les cendres, puis on en verse un autre pot de a froide qui est dans le baquet et ainsi de suite alternativement jusqu’à ce que l’eau surnage sur la cendre qui ne doit jamais rester à sec. On remet à mesure dans la chaudière autant de pots d’au de lessive froide qui coule dans le baquet qu’on en ôte de chaude, et l’on continue ce travail jusqu’à 8 heures du soir. A midi on doit pouvoir plonger la main dedans sans se brûler ; ce n’est que vers le soir que l’on peut mettre de l’eau presque bouillante, mais jamais tout-à-fait. Quand le coulage est fini, on bouche le goulot, on recouvre le cuvier d’une vieille couverture, afin que la chaleur se maintienne pendant la nuit ; Le lendemain, on débouche pour laisser couler l’eau et l’on procède au lavage tirant le linge au fur et à mesure. L’eau qui est dans le baquet sert d’abord à faire tremper les bas et les chaussettes de couleur et ensuite à nettoyer toute la batterie de cuisine, les cafetières, etc... puis on la porte sur le fumier de la basse-cour.


(03/2014)