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Saint Morillon et Barsac - fin du 18ème

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Par M. Lambert

Sabotier, un « état » enviable ? On peut trouver dans les archives notariales des traces de contrat pour acquérir la pratique de ce métier. Quelques exemples.Apprendre le métier de sabotier à Saint Morillon : deux contrats ont été relevés parmi d’autres. Ils concernent l’apprentissage du métier de sabotier de deux jeunes garçons.

 

Contrat Claveau-Darriet
Le premier signé en 1782 précise les conditions de l’apprentissage chez le sieur Thomas Darriet ( 32 ans) du jeune André Claveau. Ce dernier se présente seul, sans doute un jeune adulte. (Nous n’avons pas trouvé son acte de baptême à Saint Selve. Acte de mariage des parents en 1758, le père est vigneron.)
Darriet logera, « nourrira à son pot et feu», etc. et apprendra à son apprenti le métier de sabotier. Ceci pendant deux ans.
En cas de maladie : moins de 8 jours, Darriet lui fournira les bouillons et « autres choses propres à sa maladie » mais ne participera pas aux « remèdes chirurgicaux ». Au delà de 8 jours, André Claveau se fera soigner « à ses frais et depens ».
Absences ou départ avant la fin de l’apprentissage : André Claveau devra fournir un remplaçant.
Coût de l’apprentissage : 60 livres payées comptant.
Clause particulière : il est envisagé l’éventualité d’un départ « pour le service du Roi ». Un remboursement au prorata est prévu.

Contrat Amanieu-Laurens
Autre contrat signé en 1790. Bernard Amanieu vigneron de Saint Morillon confie son fils Pierre à Pierre Laurens, sabotier. L’apprenti sera « nourri, eclaire, chauffe, etc. » pendant deux ans. A noter que le contrat a été signé le 28 fevrier 1790 alors que l’apprentissage avait débuté depuis le 2 novembre 1789. Une période d’essai ?
Le père doit fournir un outil nommé « piquanot » et un couteau qui seront récupérés à la fin de l’apprentissage. En cas de perte, le père doit les remplacer.
Interruption de l’apprentissage : le père s’engage à faire revenir son fils chez son maître ou à payer un remplaçant.
Coût de l’apprentissage : 60 livres, payées comptant.
Le sabotier Laurent donnera « à ses frais et depens » au jeune Pierre Amanieu « une pere de souliers neufs et deux tabliers de peau, un desquels tabliers led Amanieu a deja reçu et s’ensert ».Thomas Darriet et Pierre Laurent ne travaillaient pas dans les bois, comme il est écrit bien souvent à propos de sabotiers. L’un et l’autre exerçaient leur activité dans leur paroisse, chez eux, dans le bourg. Ils n’étaient pas les seuls, loin de là. Peut-on parler d’une petite industrie locale ?
Cette paroisse située en zone relativement humide pouvait tirer parti de quelques essences de bois très favorables à la fabrication des sabots. Citons l’aulne ou vergne, un bois léger, facile à travailler et résistant à l’humidité.
Le fils de Thomas Darriet, sabotier lui aussi, recevra en 1805 lors de son mariage,
« six charretées de bois de vergne pour faire des sabots » (ADG 3 E 46944)
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Apprendre le métier de sabotier à Barsac en 1779
Contrat Lasauvague – Boireau

A Barsac, Jean Boireau, sabotier, a passé contrat pour prendre en apprentissage Thomas Lasauvague. Des recherches complémentaires préciseront que le jeune homme dont il est question est âgé de 17 ans, et qu’il est le deuxième fils de Bernard Lasauvague, tonnelier et vigneron, habitant Preignac.
Durée du contrat : 3 ans. L’apprenti sera nourri, couché et chauffé. Il n’est pas précisé qu’il sera « blanchi ».
En cas de maladie de moins de 15 jours, Jean Boireau devra le nourrir. Par contre les frais de maladie et de chirurgie seront à la charge du père.
Journées « perdues » par la faute de l’apprenti, elles devront être compensées.
Si Thomas vient à quitter son maître avant la fin du contrat, lui ou son père devra fournir au sieur Boireau « « un ouvrier ... d’égalle force et scavoir » ou « payer et rembourser ... le salere du travail dud ouvrier ».
Coût de l’apprentissage : 300 livres payable en partie comptant et le reste dans 18 mois. C’était une somme assez importante.
On n’est jamais assez prudent : le décès de l’apprenti est envisagé...

En savoir plus : à consulter le site Aquitaine en sabots.
http://aquitaine-en-sabots.wifeo.com/
Il y est question de sabots et de sabotiers.
On peut y trouver la patente de Jean Boireau, la maître de Thomas Lasauvague le 30 novembre 1791. On peut noter qu’il est porté « marchand sabotier » ; ce qui laisse à penser qu’il ne faisait pas que fabriquer des sabots; il en faisait aussi lui-même commerce.

En annexe : les trois contrats mentionnés ci-dessus.


(05/2014)