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Prise de possession d’une chapelle, d’un bénéfice - 18ème siècle
On connaissait la prise de possession d’un bien que ce soit un immeuble ou une terre.
Voir :

On connaît moins le rituel ecclésiastique.

Par Girondine.

On peut lire dans les actes de maître Dugarry deux ou plutôt trois textes relatifs à la prise de possession d’un bénéfice dépendant de l’église Sainte-Eulalie de Bordeaux et celle de la chapelle Sainte-Catherine de l’église de Castillon.

Sainte Eulalie – Bordeaux – 10 juillet 1762
La première prise de possession, en date de juillet 1762 concerne un bénéfice dépendant de l’église Sainte Eulalie à Bordeaux. L’attribution d’un bénéfice devait permettre au titulaire d’une charge d’église de vivre et d’agir.

Obtenir un bénéfice nécessitait des démarches complexes dont on peut avoir un aperçu sur wikipedia.
Ou consulter sur Gallica.

Réquisition
Pierre Dubernet, prêtre sacriste habitant rue des treilhes, paroisse Saint-Christoly de Bordeaux , a été averti que Lespiaut bénéficier de l’église sainte Eulalie est décédé. Il est le plus ancien « qui ait insinué ses grades sur le corps de messieurs le Curé et les bénéficiaires de lad paroisse ». Aussi « il prie, requiert … et somme de le nommer et présenter comme le plus ancien gradué » à Monsieur l’Evêque ou à messieurs les vicaires généraux pour que le bénéfice vacant lui soit conféré. Et « faute de le faire, le sieur comparant proteste de se pourvoir en justice ».

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Eglise Sainte Eulalie vers 1830

Prise de possession
Sans doute a-t-il reçu satisfaction car dès le lendemain, accompagné de deux notaires royaux dont la présence est indispensable pour entériner le titre qui lui a été octroyé, il se présentait devant l’église Sainte Eulalie.
En entrant dans l’église Pierre Dubernet a pris de l’eau bénite « il a sonné la cloche du chœur, lu une oraison au livre qui s’est trouvé au lutrain placé dans le chœur, s’est assis à la place affectée aud bénéfice, est allé faire sa prière au pied du maitre autel où il a monté, l’a baisé ». Puis le sieur Dubernet a été conduit dans la maison et jardin dépendant du bénéfice. « Il a fermé des portes et fenêtres, dans le jardin a prin des poignées de terre, arraché de lherbe, le tout jetté en lair et fait d’autres actes pocessoires » au su et vu et savoir sans aucune opposition ou trouble de jouissance. Tout ceci en signe de légitime possession du bénéfice.
Une réserve cependant de la part de Dubernet : faire un verbal pour constater l’état actuel de la maison …pour être pourvu aux réparations.

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Chapelle Sainte Catherine - Castillon - 13 octobre 1785
L’autre texte concerne Jean Antoine Victor Sauchaman, un prêtre vicaire de Sainte Croix à Bordeaux. Un titre, « expédié en forme gracieuze » lui a été octroyé par le pape le « onze des Kalendes de juillet » ; Il s’agit d’entrer en possession de la chapelle « Sainte Catherine, fondée dans l’église paroissiale dud Castillon ».
Un seul notaire était présent. Cela de suffisait pas pour valider l’acte. Il fallait deux témoins : Pierre Paris architecte et Jean Augereau qui n’a pas signé pour « ne scavoir ».

Accompagné du notaire et des témoins, le prêtre est entré dans l’église, il « a pris l’eau bénite au bénitier et s’est acheminé jusques devant le grand hotel ou s’etant prosterné, après avoir fait sa prière, a déclaré qu’il prenait possession de la susditte chapelle » .

Photo du grand autel - Eglise Saint Symphorien Castillon

En annexe


Crédit photographique
http://photosfrancecotesouest.eklablog.fr/eglise-saint-symphorien-c18256518


(02/2015)