Par Monique LAMBERT

Votre commune a-t-elle été concernée par les défrichements mis en œuvre à la fin du 18 ème siècle ?

defrichement gironde 01

Auteur : Paul Butel

Depuis 1760 jusqu’à la Révolution des hommes ont défriché des terres girondines. Il ne s’agit pas comme au Moyen-Age de transformer des forêts en terres cultivables. Le projet, celui des pouvoirs publics inquiets de ne pouvoir assumer de nouvelles crises frumentaires, c’est de mettre en culture des terres considérées comme incultes, des landes le plus souvent, « toutes terres laissées sans culture et aucun fruit depuis 25 ans ».

Dans le Bordelais, la vigne s’étend un peu partout et il faut trouver des sols aptes à recevoir des grains.

A qui s’adressent les modalités de mise en œuvre de ce projet ? Petits et gros propriétaires et les paroisses. Des intérêts souvent divergents. Faut-il défricher des biens communaux ? Les travaux entrepris ne vont ils entraver les lieux de parcours et donc limiter la quantité de fumier nécessaire à l’amendement des cultures ? Etc. Des sources de conflits à négocier, qui pèsent lourd dans la mise en œuvre des projets.

Pour vaincre certaines réticences, les pouvoirs publics décident des diminutions ou même des suppressions d’impôts

Un aperçu du travail de défrichement : Paul Butel - p. 195

defrichement gironde 02

defrichement gironde 03

Source de cette information : un article de Paul Butel. Annales du Midi : revue archéologique, historique etphilologique de la Défrichements en Guyenne au XVIIIe siècle

https://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1965_num_77_72_4352

Ce texte fourmille d’informations sur la mise en œuvre du défrichement. Il distingue chaque région, chacune avec sa spécificité, son sol, ses notables, ses habitants : le Médoc d’abord qui vient en tête pour les zones de défrichement puis l’Entre-deux-Mers, les Graves, le Cubzaguais, la région de Coutras et le pays de Buch. Des modes d’approche bien différenciées.

Un exemple riche de sens : un document rédigé M. de la Salle de Ciron. Ce grand propriétaire présente la commune de Saint Médard en Jalles et l’opposition à ses projets de défrichements p 193 à 197.

Paul Butel cite ses sources (série C en particulier) ce qui ouvre la voie à des recherches plus précises sur la mise en valeur de certaines pièces de terre comprises dans cette politique de défrichement. Des recherches complémentaires seraient les bienvenues. Elles permettraient de conforter les perspectives avancées par Paul Butel. Mieux, ce serait un petit plus à apporter à la connaissance de cette entreprise qui a certainement modifié durablement la physionomie de certaines paroisses et le mode de vie de ses habitants.


 (18/03/2021)

Par Monique LAMBERT

Nous sommes à Sadirac, dans l’Entre-deux-Mers. Un domaine : Le Petit Verdus.
Entre 1786 et 1789, un valet du nom de Pierille y a tenu un livre de comptes.
Parmi les pièces données qui au bouvier pour porter du vin à La Bastide (6 livres), qui au portefaix pour porter le linge à la Rivière (6 sols), figure la prestation d'un taupier.
 taupier sadirac 01

Quiconque a fait du jardinage a observé un jour ou l'autre l’apparition de monticules de terre dans des carrés de légumes. Cet incident se situe en général au printemps.

Quelques mots sur les mœurs de la taupe : ce mammifère affectionne les haies ou les murs. C'est là que se tient le gîte principal. Or Il lui faut chercher de la nourriture, vers blancs, vers de terre et autres larves d'insectes. Alors elle creuse des galeries, surtout le matin et le soir. Elle affectionne naturellement les terres meubles comme celles qui viennent d'être retournées par la bêche. Ce qui lui permet de rejeter aisément la terre. En hiver, elle a préparé son nid souterrain, décelable par la présence de 4 à 5 grosses taupinières fort rapprochées au-dessus de sa demeure. Au printemps, elle met bas 2 à 5 petits. Elle peut récidiver une deuxième fois dans l'année..
Certains pensent que cette bête a quelque utilité car elle draine la terre et mange des bestioles réellement nuisibles.

Cependant depuis toujours on a essayé de s'en débarrasser par tous les moyens, avec des succès divers. La bête apparaît quelque part assez diabolique.

Extrait du livre de comptes :
Le 11 février 1787 : pièce pour atrapé 4 taupes 8 sols
Le 24 mai 1787 : pièce pour atraper 3 taupes 15 sols
Le 25 mars 1788 : pour faire atrapé 9 taupes à 5 sols 2 L 5 sols
Le 17 avril 1788 : pièce pour faire atraper 9 taupes à 5 2 L 5 sols

On peut remarquer la flambée du cours de la capture de la taupe en quelques mois (de 2 sols à 5 sols). Le taupier aurait-il quelque secret? Ce qui expliquerait peut-être le coût élevé de la prestation.

taupier sadirac 02

Pour mieux situer le prix à payer pour se débarrasser de ce nuisible, voici le relevé de quelques dépenses, consignées dans le même livre de comptes.
Une journée de travail d'un jardinier est payée en 1787 : 6 sols
Une journée employée au jardin le 8 avril 1788 : 15 sols
Une journée de manœuvre le 4 septembre 1788 : 14 sols
Une journée de vendanges le 6 octobre 1788 : 8 sols
Une pelote de corde pour les sacs le 8 juillet 1787 : 5 sols
Une douzaine d'œufs pour sortir le vin à 8 sols le 15 février 1788 : 2 L 8 sols

Source : document privé

Par M.Lambert.

Bordeaux et ses campagnes ont souffert de manques d’approvisionnement. Un témoignage, le certificat rédigé par un officier de santé.

 

  Je soussigné officier de santé de la commune
de Bordeaux certifie qu'and vertu de linvitation
qui ma été faite par l'agent national près le district
de Bordeaux, m'estre transporté dans la commune
de Bonnetan afin dy constater la nature de la maladie
dont certains habitant sont atteints, assisté de
l'agent national de laditte commune, jai visité
les malades; & je me suis convaincu de leur état
pour le simptomes qui caracterisent cette maladie;
j'ai observé que leur maladie netait pas epidemique
puisquelle n'est pas susceptible de contagion; mais
quelle provient de la grande quantité d'erbes
que ces habitants ont mangé, qui par leur nature
aqueuse & peu nourrissante,& et ne pouvant pas
dailleur les animaliser par quelques peu de graisse
ou de viande, les ont jetté dans une grande
faiblesse, de manière que les solides ayant tombé
dans latonie, l'engorgement des pied et des
jambes a eu lieu, ainsi que lidropisie générale
ches quelques uns; avec rupture de lepiderme
qui recouvre la surface externe des pieds & des
jambes suite indispensable de la distention
trop considerable de cette membrane; j'estime donc
qu'il sera facile darreter le cours de cette maladie
en donnant à ces malades les remedes que je leur
ai prescrit, & en leur donnant une nourriture plus
succulante puisqu'il ce trouvent dejà beaucoup
mieux depuis que la nourriture leur est venue un peu
meilleure et plus à bondante
Fait à bonnetan le 27 messidor 2ème année
Républicaine
[Signé] Sorbet
ADG 4 L 63
avoirfaimbonnetan01


C’était le 15 juillet 1794. Les troubles observés relèvent certainement de carences alimentaires. Le terme « erbes » doit être compris comme légumes (choux, raves, etc.). Des commentaires médicaux seraient les bienvenus.
Les lacunes des registres d’état-civil de la commune de Bonnetan n’ont pas permis d’observer des variations de mortalité à cette période.
Des recherches complémentaires permettaient peut-être de vérifier si les dires d’un certain Lagrêle employé au fourrage à Bordeaux avaient quelque fondement .
C’était le 7 mai 1793, ce citoyen écrivait aux citoyens Terson à Castres : « Toujours misérable pour la vie ; il y a un quart des citoyens et citoyennes du district de Cadillac qui sont morts de faim et les deux autres quarts auront de la peine à se sauver. Fais bien attention qu’il y a de ces malheureux qui n’ont pas mangé une bouchée de pain de quarante jours. Voila la situation triste. » (Inventaire sommaire des archives municipales, T IV, p.133)

--------------------------------------------------------------------

Pour en savoir plus :
Allemandou (Bernard) et Le Pennec (Jean-Jacques), 60 000 pauvres à Bordeaux – La politique d’aide sociale sous la révolution, Bordeaux, MSHA, 1995, p.91Nouveau ! le pain mélangé de pommes de terreLes périodes de crise sont souvent favorables aux expériences qui peuvent palier à la diminution ou même à l’absence de certaines denrées.
Dans ces années difficiles des premières années de la Révolution, la culture de la pomme de terre, la patate, est préconisée par les autorités. Le Comité de salut public a fait imprimer une recette de pain confectionné à base de farine de froment, ou d’orge et de pommes de terre.
 
avoirfaimbonnetan02v Cliquez sur l'image pou l'agrandir
 
INSTRUCTION
POUR
LA FABRICATIION DU PAIN
MELANGE DE POMMES DE TERRE
_________________________________________
Imprimé par l’ordre du comité de salut public
--------------------------------------------------------------------
Il a été fait dans plusieurs communes, l'expérience d'une
panification de deux tiers de farine de froment et un tiers
de pommes de terre, ou bien d'un tiers de farine de froment,
un tiers de farine de seigle, et un tiers de pommes de terre : ces
expériences ont parfaitement réussi. Il en est résulté un pain
très-blanc, fort nourrissant, et qui tient long-temps frais.
Le procédé est simple et facile. On fait cuire, dans l'eau
commune, la pomme de terre, jusqu'à ce qu'elle cède facilement
sous le doigt; on la pèle, on l'écrase et elle forme une pâte.
Cette opération terminée, on pétrit séparément la farine de
froment ou de seigle; on mêle les deux pâtes. On pétrit de
nouveau; et lorsque le mélange est bien opéré, on forme le pain
à l'ordinaire. En y ajoutant un peu de sel, le pain prend un
goût plus agréable.
Par cette manipulation, on diminuera la consommation des
grains, et on aura une nourriture plus économique.
On a fait du pain composé de moitié de farine d'orge et moitié
de pommes de terre. Ce pain est plus agréable au goût que le
pain d'orge pur, et un peu rafraîchissant.
La culture de la pomme de terre ne saurait être trop encou-
ragée : elle réussit dans tous les terrains, même dans les terres
légères et sablonneuses. Bien cultivée, elle peut donner deux
récoltes, vers les mois floréal et brumaire (juin et octobre,
vieux style).
 

(05/2014)

Par Girondine.

Ce n’est pas une histoire d’amour – Même pas un fait divers – Un accrochage, une dispute pour un motif qui nous insinue dans le Macau de ces temps-là - 1900. Cet article aurait pu s’intituler : Luzerne ou liseron ?

C’est un jugement de la Justice de paix du canton de Blanquefort (ADG33 4U 11/34) qui développe très longuement cette affaire qui, n’en doutons pas, a animé les veillées macaudaises.
Une histoire de voisinage ? Les protagonistes habitaient l’un et l’autre rue Camille Godard à Macau.

jardinieretsagefemme01


L’incident s’était produit le 13 septembre 1900,
vers les neuf heures du matin.
Voici le résumé des faits, tels qu’ils ont été présentés à une première audience le 3 novembre.
Le lieu de l’incident : une luzernière près du cimetière de Macau. Cette luzernière avait 10 mètres de large. La longueur n’a pas été précisée.
Madame Chelle, une veuve de 50 ans, sage-femme, aurait traversé cette luzernière pour se rendre à une pièce de terre « pour enlever du chiendent ». C’est alors qu’ André Beaucher, jardinier de cette terre, se serait précipité sur elle, en la traitant de « voleuse de luzerne ». « Il la prit brutalement par le bras pour la faire sortir de son terrain et le lui serra si fortement qu’il en est résulté des ecchymoses qui ont été constatées par le docteur Chevalier, ce qui a occasionné une incapacité de travail pendant douze jours ». C’est la version de madame Chelle.
André Beaucher soutient qu’il aurait voulu la conduire chez le garde et que madame Chelle aurait menacé de le frapper.
De plus, il conteste son acte, exercé « sans brutalité » dit-il, et l’incapacité de travail.

Le 14 novembre, avait lieu la contre-enquête avec dépositions des témoins.
Les témoins de Madame Chelle :

  • Catherine Alary veuve Grave, 52 ans, cultivatrice, habitant Macau :
    « Le 13 septembre vers 8 heures et demie ou 9 heures du matin j'étais en train de travailler avec ma fille Marguerite, âgée de 23 ans et mon fils Jean âgé de 10 ans, à la journée, pour le compte d'un nommé Soult derrière le cimetière de Macau lorsque j'entendis crier. M'étant retournée, je vis M. Beaucher André qui tenait madame Chelle par le bras la traitant de voleuse en disant "arrêtez". Madame Chelle était dans une luzernière appartenant à Mme veuve Renouil. J'ignore si M. Beaucher est fermier de cette pièce.
    M. Beaucher traina brutalement madame Chelle jusqu'auprès de nous en nous prenant à témoin qu'elle lui volait sa luzerne mais je n'ai rien constaté de pareil, au contraire madame Chelle n'avait dans son tablier que des lizerons des champs et point de luzerne.
    Lui ayant dit que je ne voulais pas lui servir de témoin il partit soit disant pour aller chercher le garde-champêtre. Madame Chelle l'attendit patiemment près d'une heure. Pendant ce temps elle m'a montré son bras où les doigts de M. Beaucher s'étaient imprimés en noir. Elle paraissait souffrir beaucoup. Elle me le fit voir de nouveau deux jours plus après et je vis qu'il était gonflé et encore plus noir que le premier jour.
    En attendant M. Beaucher qui d'ailleurs ne revint pas, madame Chelle ramassa du chiendent dans la terre où nous étions en train de travailler puis s'en alla.
    »
  • Marie Baziadoly, épouse Dejean, 48 ans, propriétaire
    « Dans le commencement de septembre dernier, vers 8 heures et demie 9 heures du matin, je vendangeais avec mon mari dans une vigne nous appartenant située près le cimetière de Macau. Nous venions de cesser le travail pour déjeuner lorsque nous aperçûmes à 50 mètres environ madame Chelle qui traversait une luzernière appartenant à madame Renouil affermée à M.Beaucher.
    Au même moment nous entendîmes M. Beaucher lui criant "Arrêtez, vous êtes prise". Il survint aussitôt la traitant de voleuse de luzerne et l'empoigna par le bras en essayant de l'entraîner. Madame Chelle lui criait "Lâchez-moi, vous me faites mal" mais il ne la lâcha point et la traîna jusqu'auprès de madame Grave qui travaillait non loin de là. A ce moment, il se décida à lui laisser les bras libres et madame Chelle éparpilla le contenu de son tablier dans lequel j'atteste qu'il n'y avait que des liserons des champs et pas du tout de luzerne.
    M. Beaucher étant parti chercher le garde-champêtre, madame Chelle me montra son bras qui était tout bleu et meurtri par les doigts de M. Beaucher; elle attendit fort longtemps le retour de celui-ci mais il ne revint pas. »


Le témoin de Monsieur Beaucher :

  • Julien Estève, 39 ans, cultivateur.
    « Vers le milieu de septembre dernier, en tout cas trois ou quatre jours après ce qui s'est passé entre monsieur Beaucher et madame Chelle, j'ai vu cette dernière ramasser de l'herbe une fois et une autre fois porter un sac de ripes sans paraître souffrir de son bras. »

Monsieur Beaucher ne réclame rien pour le fait que madame Chelle ait traversé sa luzerne, mais conteste l’incapacité des 12 jours.
Madame Chelle reconnaît avoir repris son travail le 18 septembre. Elle a été obligée de se faire aider et a subi des « pertes sérieuses » soutient-elle.
Monsieur Beaucher ne réclame rien pour le fait que madame Chelle ait traversé sa luzerne, mais conteste l’incapacité des 12 jours.
Madame Chelle reconnaît avoir repris son travail le 18 septembre. Elle a été obligée de se faire aider et a subi des « pertes sérieuses » soutient-elle.

Le 17 novembre, le tribunal rendait son jugement définitif.
Madame Chelle demandait 20 francs de dommages intérêts pour 12 jours d’incapacité de travail.
Or, elle a opéré un accouchement le 18 septembre. Le juge en a conclu que l’incapacité de travail avait cessé.
L’indemnité journalière a donc été calculée sur 5 jours et pour un montant de 10 francs par jour seulement. Il avait été demandé 16 francs soixante dix centimes. Demande rejetée car ne correspondant pas au salaire moyen journalier d’une sage-femme.
Quant à monsieur Beaucher, il est condamné à payer à madame Chelle 50 francs ainsi que les dépens, coût de l’acte et mise à exécution.


Trois P.V. de l'affaire.

3 novembre 1900 - ADG33 4U 11/34

Le Tribunal de Paix du canton de Blanquefort - arrondissement de Bordeaux, département de la Gironde, présidé par M. Louis Patronnier de Gandillac Juge de paix assisté de m. Gustave Alais, greffier de cette Justice de Paix dans son audience civile publique du 3 novembre 1900 a rendu le jugement suivant :

Entre madame Marie Renon veuve de Jean Chelle, sage femme demeurant au bourg de la commune de Macau, demanderesse comparante en personne, d'une part;
et d'autre part, le sieur André Beaucher, jardiner, demeurant au bourg et commune de Macau, défenseur comparant en personne d'autre part;
Faits : suivant exploit de M. Pierre Contolle huissier de cette Justice de Paix, demeurant à Bordeaux rue Saint James, 47 en date du trente et un octobre 1900 enregistré, la demanderesse fait citer le défendeur à comparaître le 3 novembre 1900 à midi et demie en l'audience du Tribunal de Paix y séant à la mairie pour port l'exploit ...

Téléchargement du document complet

14 novembre 1900 – ADG 4U 11/34

Procès verbal d'enquête Veuve Chelle / André Beaucher en date du 3 novembre 1900

L'an 1900 et le 14 novembre
Nous Louis Patronnier de Gandillac juge de paix du canton de Blanquefort arrondissement de Bordeaux, département de la Gironde, assisté de monsieur Gaston Blais greffier de cette justice de paix
En conformité de notre jugement interlocutoire en date du 3 novembre 1900 non encore enregistré mais qui le sera en même temps que les présentes sinon avant, ledit jugement rendu entre madame Marie Renon, veuve du sieur Jean Chelle, sage-femme demeurant au bourg de Macau, d'une part le sieur André Beaucher jardinier demeurant au bourg de Macau défendeur d'autre part lequel jugement ordonne qu'à notre audience de ce jour la demanderesse fera preuve des faits par elle articulés en sa citation, preuves contraires réservées au défendeur, dépens aussi réservés.
Avons procédé à la requête et du consentement des parties à l'audition des deux témoins amenés à l'amiable par la demanderesse et de un témoin amené à l'amiable par le défendeur...

Téléchargement du document complet

17 novembre 1900 – ADG 4U 11/34

Le Tribunal de Paix du canton de Blanquefort, arrondissement de Bordeaux, département de la Gironde présidé par M. Louis Patronnier de Gandillac, Juge de Paix, assisté de m. Gustave Blais, greffier de cette Justice de paix dans son audience civile publique du 17 novembre 1900 a rendu les jugements suivants:

Entre Me Marie Renom, veuve de M. Jean Chelle, sage femme, demeurant au bourg de la commune de Macau, demanderesse, comparante en personne, d'une part;
Et M. André Beaucher, jardinier, demeurant au bourg de la commune de Macau défendeur comparant en personne, d'autre part;

Faits : suivant exploit de M. Pierre Contolle, huissier de cette Justice de paix, demeurant rue St James, numéro 47, en date du 31 octobre 1900 enregistré, la demanderesse a fait citer le défendeur à comparaître le 3 novembre 1900 à midi et demie à l'audience du Tribunal de paix du canton de Blanquefort, séant dite ville de Blanquefort à la mairie pour porter l'exploit...

 

 


Notes complémentaires
Madame Chelle née Marie Reynon serait née à Campugnan vers 1848. Veuve à l’âge de 32 ans d’un scieur de long, elle vivait en 1900 à Macau avec sa fille de 18 ans et sa belle-mère. Elle prenait des pensionnaires.
Une indemnité de 10 francs par jour apparaît raisonnable. En région parisienne, un ouvrier gagnait 3 francs par jour.
En 1900, il y a eu 29 accouchements à Macau.

Monsieur Beaucher né en 1853, venait du Loir et Cher. Sa femme était originaire de Coutras. Un fils, 18 ans, jardinier avec son père.

Source : recensements de Macau 1891 - 1906


(03/2014)

Par M. Lambert

Extrait d’un livre paru en 1836
La maison de  campagne
Aglaé Adanson – Paris 1836

Ci-dessous le résumé de ce que préconisait une dame de la meilleure société.

fairelessive01

 

Avant la machine à laver et la lessiveuse

Utilisation du bugeoir ou cuvier
Le cuvier doit être plus large que haut pour que l’eau chaude n’ai pas un trop grand espace à traverser.
On met dans le fond du cuvier trois ou quatre torchons dont on fait sortir les cornes par le goulot. Sur l’ouverture du goulot, on place l’os d’une machoire inférieure de cochon…elle sert à empêcher les torchons de s’affaisser.

On entoure le cuvier d’une enveloppe de grosse toile qui garnit son intérieur et déborde de quelques doigts par le dessus ; On place d’abord les draps de maître, puis le petit linge fin (fichus, bonnets, robes, etc.), les chemises de femmes et d’hommes (les cols doivent être tournés vers le centre), enfin les serviettes de table, les mouchoirs les bas blancs (les pieds vers le centre). Le savon de Marseille, coupé en morceaux est répandu sur la surface du linge. On verse dessus deux seaux d’eau ; puis on met dessus dans l’ordre suivant : les draps des domestiques, les serviettes de toilette, le linge des domestiques, les torchons et les chiffons sur lesquels erront versés dusavon noir, délayé dans de l’eau.

On recouvre le tout d’une grosse toile qui doit retomber du cuvier ; Sur cette toile, on met quatre décalitres de cendres de chêne dans lesquels on écrasera des coquilles d’œufs. Puis on verse de l’eau dessus au fur et mesure qu’elle s’imbibe jusqu’à ce qu’elle sorte du goulot et on laisse le tout jusqu’au lendemain six heures.

On débouche alors le goulot et l’on prend de l’eau du baquet pour remplir une grande chaudière qu’on met à la crémaillère et dans laquelle on verse environ deux litres de cendres. Etant près de bouillir, on a un pot à anse, on l’emplit de cette eau chaude sans ôter la chaudière du feu ;, on la verse sur les cendres, puis on en verse un autre pot de a froide qui est dans le baquet et ainsi de suite alternativement jusqu’à ce que l’eau surnage sur la cendre qui ne doit jamais rester à sec. On remet à mesure dans la chaudière autant de pots d’au de lessive froide qui coule dans le baquet qu’on en ôte de chaude, et l’on continue ce travail jusqu’à 8 heures du soir. A midi on doit pouvoir plonger la main dedans sans se brûler ; ce n’est que vers le soir que l’on peut mettre de l’eau presque bouillante, mais jamais tout-à-fait. Quand le coulage est fini, on bouche le goulot, on recouvre le cuvier d’une vieille couverture, afin que la chaleur se maintienne pendant la nuit ; Le lendemain, on débouche pour laisser couler l’eau et l’on procède au lavage tirant le linge au fur et à mesure. L’eau qui est dans le baquet sert d’abord à faire tremper les bas et les chaussettes de couleur et ensuite à nettoyer toute la batterie de cuisine, les cafetières, etc... puis on la porte sur le fumier de la basse-cour.


(03/2014)